- L’IA s’impose dans les projections professionnelles des étudiants
- Un marché du travail jugé plus concurrentiel
- Inquiétude et opportunités coexistent face à l’intelligence artificielle
- Les compétences en IA deviennent un enjeu pour l’emploi
- Les établissements préparent-ils vraiment les étudiants à cette évolution ?
- La formation concrète aux outils d’IA reste minoritaire
- Des écarts selon le sexe, le niveau d’études et le cursus
- Ce que l’étude permet de comprendre sur l’emploi des jeunes
- Méthodologie et précautions de lecture
- Les enseignements à retenir
- Questions fréquentes sur les étudiants et l’IA
L’IA s’impose dans les projections professionnelles des étudiants
L’étude OpinionWay pour Chance montre que l’intelligence artificielle est déjà intégrée aux réflexions des étudiants sur leur entrée dans la vie professionnelle. Les répondants ne la considèrent pas uniquement comme une menace pour l’emploi : elle apparaît également comme une compétence à acquérir et comme un outil susceptible de faciliter certaines démarches professionnelles.
Une perception à la fois prudente et pragmatique
Les étudiants français interrogés associent l’intelligence artificielle à une transformation importante du marché du travail. 77 % anticipent davantage de concurrence entre jeunes diplômés et 61 % se disent inquiets pour leur futur professionnel. Dans le même temps, 63 % pensent que l’IA peut les aider à trouver un emploi plus rapidement et 67 % considèrent sa maîtrise comme un atout indispensable pour être recrutés dans leur secteur.
Cette coexistence entre inquiétude et intérêt constitue l’un des principaux enseignements du sondage. Les étudiants semblent avoir intégré l’idée que l’intelligence artificielle pourrait modifier à la fois les métiers, les compétences demandées et les conditions d’accès au marché du travail.
Un marché du travail jugé plus concurrentiel
Le constat le plus largement partagé concerne la concurrence entre jeunes diplômés. 77 % des étudiants interrogés pensent que l’intelligence artificielle va rendre le marché du travail plus compétitif pour les jeunes diplômés.
Dans le détail, 32 % répondent « oui, tout à fait » et 45 % « oui, plutôt ». À l’inverse, 18 % répondent « non, plutôt pas », 4 % « non, pas du tout » et 1 % ne se prononce pas.
Plus de trois étudiants sur quatre anticipent une concurrence accrue
77 % des étudiants français âgés de 18 à 24 ans pensent que l’intelligence artificielle rendra le marché du travail plus compétitif pour les jeunes diplômés. Cette perception est largement partagée : elle concerne 76 % des hommes, 78 % des femmes, 79 % des 18-19 ans et 75 % des 20-24 ans.
Le niveau d’études modifie peu cette perception : 77 % des étudiants en Bac+1 ou Bac+2 partagent ce constat, contre 76 % des Bac+3 ou plus. Le résultat atteint 76 % à l’université et 79 % dans les autres cursus.
Il faut cependant distinguer les répondants de la population évoquée dans la question. L’étude interroge des étudiants et non des jeunes diplômés déjà entrés sur le marché du travail. Les chiffres décrivent donc la manière dont les étudiants anticipent les conditions d’accès à l’emploi des futurs diplômés.
Inquiétude et opportunités coexistent face à l’intelligence artificielle
La perspective d’un marché du travail transformé par l’IA suscite une inquiétude majoritaire. 61 % des étudiants interrogés déclarent que l’arrivée de l’intelligence artificielle les inquiète pour leur futur professionnel.
Cette proportion comprend 26 % de personnes répondant « oui, tout à fait » et 35 % « oui, plutôt ». L’inquiétude est proche chez les hommes et les femmes, avec respectivement 61 % et 62 %.
Six étudiants sur dix expriment une inquiétude pour leur avenir professionnel
61 % des étudiants français interrogés se disent préoccupés par l’arrivée de l’intelligence artificielle dans leur futur environnement professionnel. Cette inquiétude atteint 59 % chez les 18-19 ans et 64 % chez les 20-24 ans. Par ailleurs, 50 % craignent que l’IA remplace le métier auquel ils se destinent.
La crainte d’un remplacement professionnel divise presque exactement l’échantillon : 50 % redoutent que l’intelligence artificielle remplace le métier qu’ils visent, contre 49 % qui ne partagent pas cette crainte et 1 % qui ne se prononce pas.
Mais le rapport ne fait pas apparaître une vision exclusivement négative. 63 % des répondants pensent que l’intelligence artificielle peut les aider à trouver un emploi plus rapidement.
L’IA est donc perçue à la fois comme une source de pression sur le marché du travail et comme un outil pouvant aider les étudiants à s’y positionner.
Les compétences en IA deviennent un enjeu pour l’emploi
L’importance accordée à la maîtrise de l’intelligence artificielle constitue un autre résultat majeur du sondage. 67 % des étudiants considèrent que savoir utiliser l’IA est un atout indispensable pour trouver un emploi dans leur secteur d’activité.
Deux étudiants sur trois jugent la maîtrise de l’IA déterminante
67 % des étudiants interrogés considèrent que maîtriser l’intelligence artificielle est devenu un atout indispensable pour trouver un emploi dans leur secteur. Cette proportion atteint 72 % chez les hommes contre 62 % chez les femmes. Elle s’élève aussi à 72 % chez les étudiants en Bac+3 ou plus, contre 65 % chez ceux en Bac+1 ou Bac+2.
Le résultat montre l’importance accordée aux compétences en IA par les étudiants eux-mêmes. Il ne signifie toutefois pas que 67 % des recruteurs exigent effectivement ces compétences. Le sondage porte sur les perceptions des étudiants et non sur les pratiques de recrutement des entreprises.
Cette donnée prend néanmoins tout son sens lorsqu’elle est rapprochée de la formation reçue dans les établissements : si deux étudiants sur trois environ jugent la maîtrise de l’IA indispensable, moins d’un sur deux estime être concrètement formé à ses outils.
Les établissements préparent-ils vraiment les étudiants à cette évolution ?
Le jugement porté sur les écoles et les universités est contrasté. Une majorité reconnaît recevoir certaines informations sur les conséquences professionnelles de l’intelligence artificielle, mais les étudiants sont aussi nombreux à considérer leur établissement en retard ou les formations insuffisamment adaptées.
60 % des répondants estiment que leur établissement les informe suffisamment sur l’impact de l’intelligence artificielle dans leur futur métier. De leur côté, 53 % considèrent que leur école ou leur université les aide à comprendre les compétences professionnelles qui évoluent avec l’IA.
L’information progresse davantage que la préparation professionnelle
La majorité des étudiants se considère relativement bien informée : 60 % estiment que leur établissement les informe suffisamment sur les conséquences de l’IA dans leur futur métier et 53 % disent être accompagnés pour comprendre l’évolution des compétences. Mais 57 % jugent également leur établissement en retard sur les enjeux liés à l’intelligence artificielle et 58 % considèrent les formations proposées comme non adaptées aux réalités actuelles du marché du travail avec l’IA.
Ces résultats montrent qu’information, compréhension des changements professionnels et formation pratique ne sont pas perçues de la même manière par les étudiants.
La formation concrète aux outils d’IA reste minoritaire
Le jugement devient moins favorable lorsque l’enquête porte sur l’apprentissage pratique. 48 % seulement des étudiants estiment que leur établissement les forme concrètement à l’utilisation des outils d’intelligence artificielle dans leur futur métier.
À l’inverse, 51 % ne partagent pas cette affirmation et 1 % ne se prononce pas. Dans le détail, 16 % sont « tout à fait d’accord », 32 % « plutôt d’accord », 33 % « plutôt pas d’accord » et 18 % « pas du tout d’accord ».
Moins d’un étudiant sur deux se dit réellement formé aux outils d’IA
48 % des étudiants français de 18 à 24 ans considèrent que leur école ou leur université les forme concrètement aux outils d’intelligence artificielle susceptibles d’être utilisés dans leur futur métier. 51 % ne partagent pas ce constat.
Le rapprochement avec les attentes professionnelles est particulièrement instructif. 67 % considèrent la maîtrise de l’intelligence artificielle comme indispensable pour trouver un emploi dans leur secteur, alors que 48 % seulement déclarent recevoir une formation pratique correspondante.
Ces deux données ne mesurent pas exactement le même phénomène, mais elles mettent en évidence un écart entre l’importance accordée aux compétences en IA et le sentiment de préparation concrète.
Des écarts selon le sexe, le niveau d’études et le cursus
Les résultats détaillés montrent que la perception de l’IA et de la préparation reçue varie selon certains profils.
| Indicateur | Groupe 1 | Groupe 2 |
|---|---|---|
| Maîtrise de l’IA jugée indispensable | 72 % des hommes | 62 % des femmes |
| Formation concrète aux outils d’IA | 54 % des hommes | 43 % des femmes |
| Formation concrète aux outils d’IA | 52 % des Bac+3 ou plus | 46 % des Bac+1 ou Bac+2 |
| Formation concrète aux outils d’IA | 43 % à l’université | 56 % dans les autres cursus |
| Aide à comprendre les compétences qui évoluent avec l’IA | 47 % à l’université | 64 % dans les autres cursus |
L’écart entre hommes et femmes atteint ainsi 11 points sur la formation pratique aux outils d’IA : 54 % des hommes déclarent être formés concrètement, contre 43 % des femmes.
Le type de cursus fait également apparaître une différence importante. 43 % des étudiants à l’université se considèrent concrètement formés à l’IA pour leur futur métier, contre 56 % parmi ceux suivant un autre cursus.
Les étudiants en Bac+3 ou plus accordent par ailleurs davantage d’importance à ces compétences : 72 % jugent leur maîtrise indispensable pour trouver un emploi dans leur secteur, contre 65 % des Bac+1 ou Bac+2.
Ces écarts doivent cependant être considérés comme descriptifs. Le rapport ne précise pas lesquels sont statistiquement significatifs.
Ce que l’étude permet de comprendre sur l’emploi des jeunes
L’enquête apporte de nombreux éléments sur les attentes et les craintes des étudiants, mais elle ne constitue pas une prévision économique de l’effet de l’intelligence artificielle sur l’emploi.
Une étude sur les perceptions, pas sur les suppressions ou créations d’emplois
Le Sondage OpinionWay pour Chance ne mesure pas directement combien d’emplois l’intelligence artificielle va créer ou supprimer en France. Il montre en revanche comment les étudiants anticipent cette évolution : 77 % prévoient davantage de concurrence entre jeunes diplômés, 59 % pensent que l’IA rend déjà la recherche d’emploi plus difficile et 50 % craignent un remplacement du métier qu’ils visent. Dans le même temps, 63 % pensent que l’IA peut les aider à trouver un emploi plus rapidement.
Le rapport ne fournit aucune donnée sur le nombre d’offres d’emploi supprimées, le chômage des jeunes ou les recrutements directement attribuables à l’intelligence artificielle.
Il documente donc avant tout la manière dont les étudiants français se représentent le marché du travail au printemps 2026.
Méthodologie et précautions de lecture
Le Sondage OpinionWay pour Chance a été réalisé auprès d’un échantillon de 513 personnes représentatif de la population étudiante française âgée de 18 à 24 ans.
Les interviews ont été réalisées du 11 au 18 mai 2026. L’échantillon a été constitué selon la méthode des quotas, en tenant compte du sexe, de l’âge, du cursus scolaire, de la catégorie d’agglomération et de la région de résidence.
Les participants ont répondu à un questionnaire auto-administré en ligne selon le système CAWI, pour Computer Assisted Web Interview. OpinionWay indique avoir appliqué les procédures et règles de la norme ISO 20252.
L’échantillon comprend 54 % de femmes et 46 % d’hommes. Les 18-19 ans représentent 51 % des répondants contre 49 % de 20-24 ans. Au total, 65 % étudient à l’université et 35 % suivent un autre cursus.
Comment lire correctement les résultats ?
L’étude porte uniquement sur 513 étudiants français âgés de 18 à 24 ans interrogés en ligne du 11 au 18 mai 2026. OpinionWay indique que les résultats doivent être lus en tenant compte de marges d’incertitude comprises entre 2,0 et 4,5 points au plus pour un échantillon de 500 répondants.
L’enquête étant déclarative, elle mesure des opinions et des anticipations. Les résultats ne doivent donc pas être assimilés à une mesure directe des effets économiques de l’intelligence artificielle.
Ils ne peuvent pas non plus être généralisés automatiquement à l’ensemble des jeunes Français, aux jeunes diplômés déjà actifs ou aux 18-24 ans qui ne sont pas étudiants.
Les enseignements à retenir
L’étude fait apparaître trois tendances principales. La première concerne l’intensification anticipée de la concurrence entre jeunes diplômés. La deuxième tient à la place accordée aux compétences liées à l’intelligence artificielle. La troisième concerne le décalage entre cette importance professionnelle et le sentiment d’être concrètement préparé.
Une génération consciente du changement mais encore inégalement préparée
Le Sondage OpinionWay pour Chance publié en mai 2026 montre que 77 % des étudiants anticipent un marché du travail plus compétitif, 67 % considèrent la maîtrise de l’IA comme indispensable pour trouver un emploi dans leur secteur et 61 % se disent inquiets pour leur avenir professionnel. Dans le même temps, 63 % pensent que l’IA peut faciliter leur recherche d’emploi. Le principal décalage concerne la formation : seuls 48 % déclarent être concrètement formés aux outils d’intelligence artificielle par leur établissement.
L’intelligence artificielle n’est donc pas uniquement associée à la peur d’une disparition des métiers. Elle est aussi perçue comme une compétence à intégrer dans son parcours professionnel.
Le point de tension se trouve plutôt dans la préparation : les étudiants attribuent déjà une forte importance aux compétences en IA, alors qu’une majorité ne déclare pas encore bénéficier d’une formation pratique correspondante.
Questions fréquentes sur les étudiants et l’IA
La concurrence entre jeunes diplômés devrait-elle augmenter avec l’IA ?
Oui. 77 % des étudiants interrogés pensent que l’intelligence artificielle va rendre le marché du travail plus compétitif pour les jeunes diplômés.
Les étudiants redoutent-ils les conséquences professionnelles de l’intelligence artificielle ?
Une majorité exprime une inquiétude : 61 % se disent préoccupés pour leur futur professionnel et 50 % craignent que l’IA remplace le métier auquel ils se destinent.
La maîtrise de l’IA est-elle considérée comme importante pour être recruté ?
67 % des étudiants considèrent que maîtriser l’intelligence artificielle constitue un atout indispensable pour trouver un emploi dans leur secteur d’activité.
Les écoles et universités accompagnent-elles suffisamment cette transformation ?
Les résultats sont contrastés : 60 % des étudiants se considèrent suffisamment informés sur l’impact de l’IA dans leur futur métier, mais 57 % jugent leur établissement en retard sur ces enjeux.
Combien d’étudiants apprennent concrètement à utiliser les outils d’IA ?
48 % des étudiants interrogés estiment que leur établissement les forme concrètement aux outils d’intelligence artificielle dans leur futur métier.